Deux articles dans le Bulletin ont présenté (1842) et en partie édité (1954) des recettes techniques pour peintres et enlumineurs, à partir de c. 1200, qui sont conservées à la Bibliothèque royale de Belgique MS 10147-58. L’édition de 1954 a omis f. 26 vo en raison de sa quasi illisibilité. Ce document identifie une série de recettes parallèles de Montpellier MS H 277, c. 1350-1400. Les similarités permettent de reconstituer le contenu de f. 26 vo. Le MS de Bruxelles se révèle un témoin important d’une tradition textuelle alternative du traité de Théophile sur l’art roman, son importance a été confirmée comme étant probablement le premier document technique relatif à l’art des Pays-Bas.
Cette contribution tente d’appréhender, à l’aide de sept documents comptables provenant des archives des comtes de Hainaut et de Hollande entre 1304 et 1337, la pratique du service à gages à la cour et dans l’hôtel comtal. Une analyse des termes utilisés dans ces documents pour désigner ces services et les personnes rémunérées permet de brosser un tableau de l’organisation de la maisnie comtale. Contrairement à ce que des textes normatifs, telles les ordonnances de cour, nous montrent, ces services ne sont pas structurés de façon rigide selon un schéma bien défini. Ils sont plutôt (dés)organisés de façon pragmatique selon les besoins journaliers changeants d’une famille comtale ambulante et souvent séparée, les moyens financiers du moment et la disponibilité des personnes concernées par les différents services. Sur une période d’environ 25 années, ces instantanés nous montrent un personnel de niveaux très divers, multi-disponible et flexible, fidèle et apprécié par ses employeurs mais souvent aussi actif dans d’autres secteurs que le service comtal.
Cette contribution comporte une édition critique d’une série de listes de nobles et dignitaires rédigées pour les châtellenies de Courtrai, Waes, Furnes et le Franc de Bruges à différents moments au cours du quinzième et seizième siècle. En outre elle comporte, dans un but de mobilisation militaire potentielle, une liste des nobles de tout le comté de Flandre datant de 1540-1543. Ces documents sont tout d’abord importants pour la recherche future au niveau des élites locales dans le comté de Flandre, mais, en outre, ils aident à mieux comprendre le contexte dans lequel il ya lieu de situer la genèse des “listes de nobles” antérieurement publiées qui couvrent la noblesse de tout le comté de Flandre. En fait, ces “listes de nobles” ne doivent pas être perçues comme une illustration de la prouesse administratieve de l’Etat bourguignon-habsbourgeois, mais plutôt comme une indication que les institutions princières dépendaient des informations qui leur étaient fournies par les administrations des châtellenies. En effet, c’est surtout là que se jouait le perpétuel débat sur la qualité de noble d’un tel ou d’un autre, la noblesse établie occupant un grand nombre de sièges dans les bancs echevinaux des châtellenies. De ce fait les documents repris dans cette publication sont d’une grande valeur pour la recherche dans les processus de hiérarchisation sociale dans la société pré-moderne de Flandre.
La plupart des comptes médiévaux de la cautside ou chaussée, le service de pavage de la ville de Bruxelles, sont perdus. Heureusement, deux documents du 14e siècle ont été conservés. Ils sont entièrement édités dans cet article. Il s’agit d’un compte en rouleau pour l’année 1369-1370 et d’un ‘compte de synthèse’ pour la période 1372-1379, conservé sous forme d’annexe à l’ordonnance urbaine du 22 octobre 1379. Logiquement, ces documents comptables contiennent des données sur le fonctionnement et les activités de la cautside elle-même, mais ont également une grande valeur pour l’étude de l’immigration, des matériaux de construction et des travaux publics.
Dans le cadre de sa mainmise sur le Duché de Limbourg et de ses annexes, Philippe le Hardi commande en 1389 une enquête relative à ses droits et à l’état des forteresses qu’il vient d’acquérir, document publié dans les années 30 par l’historien Fritz Quicke. En 1406, Antoine de Bourgogne, fraîchement nommé Duc de Limbourg, fait procéder à un nouvel examen des édifices castraux limbourgeois. Outre une mise en perspective de ces documents dans leur contexte politique, le présent article propose une édition critique de l’acte de 1406 ainsi qu’une analyse de son contenu sous l’angle de l’évolution de la poliorcétique.
Le 16 novembre 932, l’évêque de Liège Richer consacra un autel à la sainte Trinité en la cathédrale Saint-Lambert de Liège et le dota richement ; il consigna cette décision par écrit. La charte de fondation est parvenue jusqu’à nous sous la forme d’une copie historique isolée insérée dans les Gesta episcoporum Tungrensium et Leodiensium du chanoine Anselme de Liège. Cet article entend souligner l’intérêt de ce document tant pour l’histoire de la chancellerie liégeoise que pour celle de la réforme religieuse carolingienne dans l’espace lotharingien. Il comporte en annexe une nouvelle édition critique de ce document établie sur la base d’une confrontation de sept copies réparties en deux classes selon une typologie différente de celle de R. Koepke, l’éditeur de la chronique d’Anselme pour les Monumenta Germaniae Historica.
Occupé par la politique à la cour du roi de Charles VI, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et comte
de Flandre, décidait, le 31 août 1387, de nommer son neveu Guillaume de Namur, seigneur de Béthune,
gouverneur de la Flandre, d’Anvers et de Malines durant son absence. Outre la commission officielle, la
chancellerie de Philippe le Hardi rédigeait également un mémorandum politique
adressé personnellement à Guillaume de Namur, précisant les attributions administratives,
judiciaires et militaires du gouverneur. Cet ensemble d’instructions est important, car il met en lumière
les préoccupations politiques du gouvernement ducal en Flandre. Face à un certain nombre de
problèmes urgents, cette déclaration suggère des mesures fortes et explicites contre le
favoritisme dans l’élection des magistrats et contre les pratiques frauduleuses de certains
fonctionnaires princiers.
En outre, le document somme le gouverneur de réagir contre la négligence dans l’exécution
des tâches civiles et militaires, contre la poursuite de l’autonomie politique par les sujets flamands
et d’arbitrer les différends sensibles au sein de la société flamande. Ainsi, ce
document fournit une intéressante vue de l’intérieur sur l’essor de l’administration
dans les Pays-Bas bourguignons.
Les jardinets de Hainaut sont des représentations héraldiques de ce comté, qui peuvent se présenter sous différentes formes : mise en scène théâtrale, poème, gravure, etc. Le présent article se propose de retracer la tradition des jardinets depuis leurs origines aux XIVe-XVe siècles jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. La structure très codifiée de cette représentation héraldique et politique d’une principauté sera passée au crible, afin d’identifier très clairement sa raison d’être et sa signification. Quelques exemples caractéristiques de jardinets seront ensuite présentés et une attention toute particulière sera accordée aux représentations faites à l’occasion des inaugurations des comtes de Hainaut, édition de textes à l’appui.
Si seul un compte de la recette de l’artillerie bourguignonne, instaurée en 1458, a été conservé aux Archives générales du Royaume (Bruxelles), les Archives départementales du Nord (Lille) contiennent néanmoins un nombre impressionnant de documents de travail, issus de la gestion quotidienne de l’arme. En partie, sans doute, en raison d’accusations de prévarication portées à l’encontre de son receveur, les années de règne de Charles le Hardi sont particulièrement bien représentées. Les papiers de l’artillerie, dont seule une sélection a pu être éditée ici, montrent une réelle volonté de ce prince de moderniser son instrument de guerre, ainsi que les difficultés auxquelles il fut parfois confronté. Présentés sous l’angle de leur place dans le processus décisionnel et administratif qui voit à l’œuvre le prince et le « staff » de l’artillerie, les documents édités offrent de multiples perspectives de recherche : économie, finances, techniques, organisation militaire, prosopographie, etc. Assurément, la richesse de ces pièces, comme celle du fonds dont elles sont issues, est loin d’être épuisée…
Claude Bruneel, La pratique du théâtre à Lessines et dans les campagnes du Hainaut septentrional. L’interdiction des autorités en 1786-1788, p. 155-181.
En Hainaut, après 1760, les représentations théâtrales organisées par la jeunesse rurale semblent connaître la faveur du public. Le plus souvent, elles recueillent aussi l’approbation des autorités locales. En revanche, lorsqu’ils sont saisis de la question, les pouvoirs de tutelle, l’avocat fiscal, le conseil provincial et le gouvernement central sont autant de partisans résolus de l’interdiction de ces divertissements. Le souci de la sécurité et de l’ordre public sont régulièrement invoqués. Les dépenses superflues, le risque de coûteux procès, le danger pour l’ordre social car les domestiques exerceraient un chantage sur leurs maîtres pour participer au spectacle, voilà autant d’arguments également jugés pertinents. L’éventail des objections s’appuie sur une conviction bien ancrée, l’inutilité de la pratique. Toutefois, ce qui est jugé nocif pour les gens des campagnes apparaît comme une nécessité pour les citadins, estime le Conseil privé, au point de suggérer la poursuite des représentations durant le carême. Le paradoxe n’est qu’apparent ; à nouveau, c’est la notion d’opportunité qui inspire la décision. Dans une ville telle Bruxelles, le théâtre s’impose comme un dérivatif adéquat pour préserver une jeunesse turbulente de tentations plus dangereuses. Il offre aussi le moyen d’attirer les étrangers, surtout les Anglais, et de les fixer dans la capitale, pour le plus grand bénéfice du commerce local, en attendant l’ouverture de la saison des eaux de Spa.
Cette contribution donne en premier lieu une interprétation à la consultation des comptes rendus
(1892-1940) des organes administratifs centraux du Parti Ouvrier Belge (POB).
Un ensemble unique de sources qui - après numérisation - est mis à disposition sur
l’Internet pour recherches historiques.
L’explication archivistique, accompagnée d’une étude du fonctionnement du Bureau et du
Conseil général du POB, fournit un aperçu du développement institutionnel du parti
socialiste avant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire administrative qui, jusqu’à présent
est restée curieusement négligée.
Les comptes rendus fournissent une vue assez complète et incisive sur le fonctionnement interne du POB.
La source est à son plus fort dans la période précédant la Première Guerre mondiale
et après 1933 (en raison d’un rapportage sténographique). Mais il s’agit en
général d’une source historique de premier rang pour l’étude du fonctionnement
d’un parti politique de type social-démocrate.
Séances et rapports 2010, p. 265-331.
Chancelleries princières et Scriptoria dans les anciens Pays-Bas.
Xe - XVe siècles
Vorstelijke kanselarijen en Scriptoria in de Lage Landen.
10de - 15de eeuw
Table des matières
- Zin en nut van het diplomatisch onderzoek in de 21e eeuw.
Les mérites de la Commission royale d’histoire
par / door Walter Prevenier (p.7)
- Sense and usefulness of diplomatic research in the 21st century.
The Merits of the Royal Historical Commission
by Walter Prevenier (p.13)
- Van scriptorium tot kanselarij
Du scriptorium à la chancellerie (p.19)
Monastères et scriptoria en Lotharingie (ixe - xe siècles)
par Jens Schneider (p.21)
Van privaatoorkonde tot vorstelijke oorkonde. De oorkonden van de eerste graven van Vlaanderen, inzonderheid voor de Sint-Pietersabdij te Gent (10de-11de eeuw)
door Georges Declercq (p.41)
Collectieve identiteit, sociaal gedrag en monastieke memoria in het liber traditionum van de priorij van Saint-Georges te Hesdin (1094 - circa 1185)
door Steven Vanderputten (p.79)
- Chancelleries épiscopales et chapitres cathédraux
Bisschoppelijke kanselarijen en kathedraalkapittels (p.113)
La « chancellerie » des évêques de Liège (xe - xiie siècles)
par Jean-Louis Kupper (p.115)
Chancellerie épiscopale, chancellerie canoniale :
unicité ou pluralité des institutions à Cambrai au xiie siècle ?
par Nathalie Barr (p.129)
L’élaboration des chartes épiscopales à Thérouanne au xie siècle
par Benoît-Michel Tock (p.147)
De bisschop, de heren en de stad. Het oorkondewezen in Utrecht
circa 1250 - circa 1320
door J.W.J. Burgers (p.187)
- Vorstelijke en heerlijke kanselarijen
Chancelleries princières et seigneuriales (p.217)
Actes princiers et naissance des principautés territoriales : chartes et pouvoirs laïques dans les espaces mosan et mosellan (fin xe - début xiie siècles)
par Michel Margue (p.219)
Actes princiers et naissance des principautés territoriales :
du duché de Basse-Lotharingie au duché de Brabant
(xie - xiiie siècles)
par Alain Dierkens et David Guilardian (p.243)
La chancellerie comtale en Flandre et en Hainaut sous Baudouin VI/IX (1195-1206) et pendant la régence de Philippe Ier de Namur (1206-1212)
par Els De Paermentier (p.259)
Des seigneurs sans chancellerie ? Pratiques de l’écrit documentaire chez les comtes et les barons du nord de la France aux xiie-xiiie siècles
par Jean-François Nieus (p.285)
- Organisation : personnel et gestion
Organisatie : personeel en beheer (p.313)
Trois clercs de chancellerie hennuyers au service des comtes de Hainaut, Hollande et Zélande (1299-1345) : au centre d’une réforme administrative ?
par Valeria Van Camp (p.315)
Meten is weten ? De toepassing van het Groningen Intelligent Writer Identification System (giwis) op Hollandse kanselarij-oorkonden, 1299-1345
door Jinna Smit (p.343)
Bewaren of weggooien ; afschrijven of verplaatsen.
Het papieren cartularium van de graven van Holland en Zeeland en de politieke en ambtelijke zorg voor het grafelijke archief in 1299
door Eef Dijkhof (p.361)
Enquête sur l’impact de l’incendie de 1185 sur les archives de la cathédrale Saint-Lambert de Liège et sur la rédaction d’un premier cartulaire
par Alexis Wilkin (p.381)
Archives, archivage et archivistique à la collégiale de Saint-Omer à la fin du xve siècle à la lumière d’un inventaire de 1480
par Jean-Charles Bédague (p.415)
- Conclusion
Conclusie (p.459)
Nouvelles tendances dans la recherche sur les scriptoria et chancelleries dans les anciens Pays-Bas : résultats et perspectives.
Nieuwe tendensen in het onderzoek over scriptoria en kanselarijen in de Lage Landen : resultaten en perspectieven
door / par Thérèse de Hemptinne (p.461)
New trends in research on scriptoria and chanceries in the Low Countries : results and perspectives
by Thérèse de Hemptinne (p.471)
Accompagné de l’édition de trois documents remarquables, cet article est une étude des caractéristiques particulières de ce qu’on peut nommer «la résistance lettrée» du monde urbain à la fin du Moyen Âge et au début des Temps modernes. La requête que les métiers brugeois ont composée pendant la révolte de 1477, et le récit d’un artisan gantois qui décrit le déroulement des événements de cette révolte, révèlent que les artisans de ces villes entretenaient une véritable «mémoire politique», qui leur donnait des arguments pour justifier leurs nombreuses révoltes, et qui les aidait à se forger une identité collective particulière, maintenue de génération en génération. Ces idées politiques, qui accentuaient l’autonomie corporative des métiers, étaient alimentées par l’écriture fréquente et la lecture intensive d’une tradition de textes politiques. Le troisième document, le rapport d’un discours du pensionnaire gantois Guillaume Zoete, qui, dans un «J’accuse» de 1488, énumérait les raisons pour lesquelles les villes de Flandre refusaient à l’archiduc d’Autriche, Maximilien de Habsbourg, la régence de son fils, le comte de Flandre, Philippe le Beau, montre quelle était la motivation principale des rebelles flamands pour s’opposer à la politique autocratique de la cour burgondo-habsbourgeoise. La confirmation des droits et des privilèges obtenus, la création de conditions favorables à l’économie urbaine, et la participation politique des métiers et des élites urbaines dans les conseils politiques des villes en étaient les idées-clés. Bref, les textes édités ici montrent que non seulement les élites urbaines, mais aussi les classes moyennes des villes de Gand et de Bruges avaient des idées claires et complexes concernant l’action politique; des idées qui ont donné naissance à une véritable culture politique écrite et, quand on l’a jugé nécessaire, à une «résistance lettrée».
Karel Velle
Preface (p. 57-58) ![]()
Ludo Milis
Information Technology, warden of our past ? (p. 59-64) ![]()
Donald Haks
Quantity, quality and the public. The electronic edition of historical sources (p. 65-76) ![]()
Martin Haltrich, Franz Lackner, Marianne Pollheimer & Herrad Spilling
Die Handschriften und Fragmente der Karolingerzeit in österreichischen Bibliotheken (p. 77-93) ![]()
Jonathan Blaney & Jane Winters
The British History Online digital library : a model for sustainability ? (p. 95-106) ![]()
Florence Clavaud
Les éditions électroniques de l’Ecole nationale des Chartes : objectifs, prinicpes, outils et perspectives (p. 107-120) ![]()
Isabelle Draelants
Les sources mises en ligne par des médiévistes à l’Université de Nancy (p. 121-150) ![]()
Jeroen Deploige, Bert Callens, Philippe Demonty & Guy De Tré
Remedying the obsolescence of digitised surveys of medieval sources. Narrative Sources and Diplomata Belgica » (p. 151-166)
Ce volume jubilaire du Bulletin de la CRH contient un aperçu de l'activité de la Commission pendant les vingt-cinq dernières années (Claude Bruneel, "La CRH pendant les vingt-cinq dernières années", p. 9-36), ainsi que les notices biographiques des membres décédés pendant cette période et de ceux qui sont actuellement en fonction (p. 67-159). Chaque membre de la Commission y publie en outre une étude originale, consacrée à l'édition critique d'une source inédite concernant l'histoire de Belgique.
Henri Haag, Signification du traité de garantie du 19 avril 1839, d’après Léon Arendt
, p. 161-183.
Contrairement à une certaine opinion, nous disons que la Belgique possédait, avant 1914, une politique extérieure
définie et raisonnée, basée sur les traités de 1831 et de 1839, ainsi que sur le traité de
garantie du 19 avril 1839. La fidélité des grandes puissances aux engagements pris par elles en 1839 fut longtemps,
pour le gouvernement belge, une source de doutes et de soucis. Ceux-ci furent accrus, en 1904, lors de la conclusion d’une entente
entre la France et la Grande-Bretagne. Dans le cas d’une guerre générale européenne, la Belgique serait
nécessairement impliquée. Que faire pour que la France et la Grande-Bretagne n’interprètent
pas la garantie dans le sens de leur intérêt exclusif, sans tenir compte suffisamment de nos droits? Telle fut,
selon nous, la préoccupation majeure du département des Affaires étrangères, à la veille de
la guerre de 1914.
Raoul C. Van Caenegem, De keure van Sint-Omaars van 1127: een politiek document, p. 185-202.
La charte du 14 avril 1127 du comte de Flandre Guillaume Cliton pour la ville de Saint-Omer a souvent été
étudiée comme source pour l’histoire du droit. Dans le présent article elle est envisagée comme
un document politique. Le comte Guillaume et la commune de Saint-Omer avaient des ambitions différentes qui se rév
èlent notamment dans les stipulations sur le rôle de l’échevinage et des jurés, le revenu de la
monnaie comtale, ou le respect dû à la loi, même par le comte. L’auteur présente en outre quelques
remarques critiques sur la traduction française de 1789 et la traduction anglaise de 1982, ainsi que sa propre traduction
néerlandaise intégrale du texte latin original.
Reginald De Schryver, Koning Albert over zijn « Reis naar Parijs », 1-5 april 1919, ter ondersteuning van
de Belgische verlangens en belangen op de vredesconferentie, p. 203-212.
À la demande de Paul Hymans, ministre belge des Affaires étrangères, le roi Albert se rendit à Paris
début avril 1919 afin de rencontrer les leaders politiques du camp allié et de discuter avec eux de certaines
questions touchant la Belgique et la conférence de paix. Ces questions, au nombre de quatre, étaient:
Les interlocuteurs les plus importants du camp allié furent Poincaré, Clemenceau, Lloyd George, Balfour et le Président Wilson.
Jean-Jacques Hoebanx (†), Ordonnance pour la vendicion des Bois de Nivelle pour l’an 1587, p. 213-223.
Les bois et forêts constituent pour leurs propriétaires un patrimoine qu’il convient de sauvegarder. Ce fut
le cas pour certains bois du Brabant wallon qui appartenaient au chapitre de Nivelles et aux ducs de Brabant.
Plusieurs ordonnances concernent ces bois. L’une d’elles, celle de 1587, traite de l’exploitation des coupes
qui y sont taillées et de leur mode de vente.
Walter Prevenier, Vorstelijke genade in de praktijk. Remissiebrief voor Matthieu Cricke en diens mede-acteurs voor
vermeende vrouwenroof in oktober 1476, slechts geïnterneerd na kritische verificatie door de raadsheren van het Parlement
van Mechelen, p. 225-258.
En octobre 1475 Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, accorde sa grâce à l’acteur Mathieu Cricke
et ses co-acteurs, mis en prison à la suite d’une plainte déposée par Jan van Musene, bourgeois de
Malines, pour rapt de femme, en la personne de sa maîtresse, l’actrice et ancienne prostituée Maria van der Hoeven.
Cricke et ses collègues introduisent leur lettre de rémission auprès de la cour du Parlement de Malines, dans le
but de son intérinement, mais Van Musene et les siens y mettent opposition. Les conseillers du Parlement entament une
enquête, prévue dans la procédure, afin de vérifier la véracité du délit
présumé et la légitimité de l’opposition. Pas moins de dix-huit témoins oculaires des
évènements ont été retrouvés et interrogés de manière critique à Diest, Gempe
et Louvain. Le verdict final de la cour ordonne l’intérinement et l’exécution de la mesure de grâce.
Cricke et ses co-prévenus ont été acquittés de l’accusation de rapt, mais par contre condamnés
pour les plaintes secondaires de violence physique et verbale contre Van Musene et les siens. La perception de l’amende qui faisait
partie du verdict a traîné pendant des années, aucun huissier n’ayant le courage d’aller réclamer
les arrérages chez les membres du groupe de Cricke, considérés comme socialement dangereux. La présence
dans cette affaire de quatre types divergents de documents (lettre de rémission, requête d’intérinement,
enquête et paiements de l’amende) offre l’avantage méthodologique de prouver concrètement qu’une
mesure de grâce est toujours phasée et doit être relativisée. Il est vrai que l’octroi de grâce
est le privilège exclusif du prince, qui l’exerce librement et sans limites. L’opportunité juridique et
politique de l’exécution dépend, cependant, de la vérification des faits par une des hautes cours de
justice princières. Les multiples contradictions à propos des mêmes faits entre les dires des parties
concernées et des nombreux témoins interrogés, et les points de vue contradictoires des juges et des
fonctionnaires ducaux, fournissent une opportunité unique d’une compréhension plus profonde des conceptions
idéologiques, des types de comportement social et de l’impact des réseaux au 15e siècle.
Ludo Milis, Getuigenverhoren als aanloop tot een proces. Elementen uit het Mechelse strafdossier tegen Jan Schuermans,
pastoor van Ename, in het midden van de zeventiende eeuw, p. 259-265.
Dans cet article, l’auteur édite les témoignages de quelques femmes impliquées dans un scandale sexuel
en 1648. Lors des fêtes organisées à l’occasion du Traité de Munster, Jan Schuermans, le curé
d’Ename (près d’Audenarde), séduit une jeune fille. Enceinte, elle donne la vie à un bambin. Une
enquête révèle qu’il avait importuné d’autres femmes. Le scandale aboutit à un
procès devant l’officialité de l’archevêché de Malines. La condamnation encourue poursuivra
Schuermans pendant tout le reste de sa vie.
Claude Bruneel, Sous le souffle de Paris : les Pays-Bas autrichiens au lendemain du 14 juillet 1789,
p. 267-320.
Rien qu’à en juger par la presse de l’époque, les événements de France, en 1789, ont
suscité un vif intérêt dans les Pays-Bas autrichiens. La montée vers les États généraux
et ses suites ont soulevé la curiosité voire l’enthousiasme de certains intellectuels. La prise de la Bastille
laissa moins d’échos. Les archives du Comité secret, constitué au sein du Conseil du Gouvernement
général, permettent de suivre, presque au quotidien, l’évolution de l’opinion publique dans les
différentes parties du pays. Elles jettent aussi un jour sur les canaux, officiels et officieux, d’information du
pouvoir central. Dans les grandes villes, la cherté des grains et l’exacerbation des différences sociales poussent
certains à rêver d’imiter les Parisiens. Dans les cités plus modestes et les campagnes, les sentiments vont
de la passion à l’indifférence, mais le sens des intérêts matériels prime toujours. Les
régions frontalières sont naturellement les plus exposées. L’autorité locale s’y
inquiète de l’introduction de cocardes ou de la venue d’une foule de Français bruyants, qui se
révèlent être de pacifiques acheteurs des denrées qui font défaut chez eux. La rumeur colporte
également des nouvelles sans fondement, elle jette temporairement des réfugiés sur les routes. Ce sont des
paysans du cru et des moines des alentours, qui craignent la violence et le pillage par des hordes de vagabonds prétendument
déferlant de Paris. Cependant, la fièvre venue de France tombe rapidement. Les difficultés propres au pays
s’imposent sur le devant de la scène. Comme le prédit un diplomate français, «La révolution
des Pays-Bas est imminente».
Jean-Louis Kupper, Aux origines de la cité de Liège. Sur deux chartes inédites de 1171 et 1266,
p. 321-342.
Faute de documents suffisamment nombreux et explicites, le développement de la cité de Liège, au départ
d’un «noyau préurbain» primitif, est un processus qui reste mal connu. Alors que l’existence
d’un «nouveau bourg marchand» ou novus vicus est clairement attestée et que son emplacement est
bien localisé, l’obscurité règne quant à la situation du vetus vicus ou «bourg
primitif».
L’objet de cette étude est de démontrer que le «vieux bourg» correspond, en réalité,
à la paroisse de Saint-André-sur-le-Marché et que son existence remonterait au IXe ou Xe
siècle.
Jean-Marie Duvosquel, Le tarif du tonlieu et du winage de Comines établi en 1354 et son renouvellement en 1542,
p. 343-370.
La ville de Comines, au comté de Flandre, occupe au XIVe siècle une position commercialement
stratégique: c’est là qu’aboutit la route d’Ypres, qui met la ville drapière en manque de
port en communication avec le bassin scaldien via la Lys. C’est là aussi que tout le trafic qui descend cette
rivière (provenant de Lille via la Deûle et se dirigeant vers Gand) ou la remonte, passe «le trou de
Comines», l’ancêtre de nos écluses. L’importance du trafic des marchandises est telle que le
seigneur de Comines érige en fief la perception des droits de winage (circulation) et de tonlieu (vente). À
l’occasion d’un conflit, un nouveau tarif est établi en 1354 de commun accord entre le seigneur et le
détenteur du fief (à qui incombe l’entretien des ponts) d’une part, la ville (responsable des
chaussées) d’autre part, après enquête sur la pratique à Lille, Menin et Warneton. Tout ce qui
touche à l’industrie drapière occupe évidemment une place importante dans ce tarif.
Jean-Marie Cauchies, La confection d’un privilège pour le chapitre Saint-Ursmer de Binche (1458),
p. 371-385.
Une requête sur papier adressée par le chapitre Saint-Ursmer de Binche au duc de Bourgogne et comte de Hainaut
Philippe le Bon a été directement utilisée pour confectionner la minute d’un acte ducal, connu par
ailleurs. Des annotations portées en marge permettent en outre de reconstituer le processus de confection de celui-ci.
Biffures, corrections, ajouts témoignent de la façon dont le texte émanant des chanoines a été
traité et adapté par les responsables de la rédaction, à la cour ou en chancellerie. L’objet vis
é est l’immunité judiciaire prétendue de la communauté binchoise à l’égard de
tous juges ecclésiastiques et laïques. Le dossier comporte aussi la minute d’une lettre de Philippe le Bon
à l’évêque de Cambrai pour le respect de ce privilège. Les documents conservés illustrent
avant tout une manière de faire et un souci du vocabulaire des autorités et des exécutants impliqués
dans l’accomplissement du travail.
Guy Vanthemsche, Britse diplomaten en Belgische hofintriges (oktober 1939). Enkele documenten over de aanloop naar
de Koningskwestie, p. 387-412.
La situation politique intérieure et extérieure de la Belgique fut très agitée au cours des mois de
septembre et octobre 1939. Quelques documents inédits des archives du Foreign Office britannique, conservés aux
National Archives à Londres, jettent un éclairage nouveau sur certains épisodes de cette période
cruciale. D’une part, on y fait état d’un plan qui aurait été conçu dans les milieux de
la Cour, pour écarter du pouvoir le gouvernement Pierlot alors en exercice. D’autre part, ces documents font
état de l’influence jugée néfaste par certains, qu’exerçait le général
van Overstraeten, conseiller militaire du roi Léopold III, au sein de ces mêmes milieux de la Cour. Un
vétéran de la politique, l’ex-Premier ministre Charles de Broqueville, aurait tenté de faire intervenir
les autorités britanniques pour inciter le souverain belge à se défaire de son conseiller.
Claude de Moreau de Gerbehaye, Une dépêche cryptée adressée au gouverneur luxembourgeois de
la forteresse de Montmédy (1637), p. 413-446.
Au début du 17e siècle, l’extrémité méridionale des Pays-Bas espagnols
était jalonnée de petites forteresses le long de la frontière du duché de Bar et d’un chapelet
de terres neutres et d’enclaves indivises. Le gouvernement de Richelieu, transition entre les guerres de Religion et
l’expansionnisme de Louis XIV, veut pacifier la fragile frontière champenoise à cheval sur la Meuse,
neutraliser les intrigants princes voisins (Lorraine-Bar, Bouillon-Sedan, Verdun, etc.) et au besoin annexer des territoires voisins
qui les placeraient en situation vulnérable.
C’est dans ce contexte que le sud du duché de Luxembourg glisse vers une insécurité telle que les
commandants de citadelle font usage de messages cryptés. De facture assez fruste, le texte édité complète
et confirme dans les grandes lignes les informations livrées par les sources narratives et comptables sur la campagne du mar
échal de Châtillon en 1637, en y ajoutant la touche pathétique de l’angoisse de l’interception.
Gustaaf Janssens, Het “politiek testament” van de hertog van Alva: aanbevelingen voor don Luis de
Requeséns over het te voeren beleid in de Nederlanden (Brussel, 2 december 1573), p. 447-474.
Le 2 décembre 1573, quelques jours avant de quitter les Pays-Bas, le duc d’Albe rédigeait un
mémorandum pour Luis de Requeséns, son successeur. Dans ce document, édité en annexe de cette
contribution, le duc d’Albe explique sa conception de la politique à conduire aux Pays-Bas. Le texte nous permet de
mieux comprendre la conduite du gouverneur.
Jozef Van Loon, De Vita Landoaldi (anno 980) als prosopografische en historische bron, p. 475-507.
Depuis l’article d’Oswald Holder-Egger sur la Vita Sancti Landoaldi en 1888, tous les historiens après
lui ont repris sans plus son jugement accablant sur la valeur historique du document. D’après une nouvelle analyse de
l’original, les faits rapportés se révèlent néanmoins beaucoup plus authentiques qu’on ne
l’a soupçonné jusqu’à présent et donnent un éclairage nouveau sur l’histoire
du village de Wintershoven et de l’évêché de Liège à l’époque du Haut Moyen
Âge. Une lecture attentive du texte décèle en plus que Notker et Heriger n’ont pas pris eux-mêmes
l’initiative de rédiger la Vita, mais qu’ils ont sans doute cédé, non sans hésitation,
à des intérêts politiques supérieurs.
Herman Van Goethem, In de spiegel van politieverslagen. De Antwerpse Jodenrazzia van 15-16 augustus 1942,
p. 509-540.
En automne 1940, les secrétaires-généraux belges ont marqué leur accord principiel avec la
collaboration de l’administration belge aux mesures anti-juives allemandes. C’est dans cette logique que la
police anversoise a participé aux rafles massives de Juifs, en août-septembre 1942. Ils obéissaient à
un ordre formel de leur propre commissaire de police en chef, De Potter. Dans ce texte, nous analysons la rafle du 15-16 août.
Il apparaît que certains agents se sont montrés fort indolents, d’autres par contre participaient avec beaucoup
de zèle.
L’analyse du rapport du commissaire de police adjoint du 6e quartier, nous montre qu’il s’agit ici d’une
présentation minimaliste des faits. Il voulait apparemment se dégager de sa propre responsabilité, rien
de plus. D’autre part certains agents ont aussi rédigé des rapports dans la marge des rafles. Pris dans
leur globalité, ces documents font apparaître clairement qu’il s’agissait d’un
évènement d’une violence inouïe. Il est donc clair que le bourgmestre Delwaide et le procureur du Roi
Baers ont bel et bien été informé de ce qui c’est passé dans la nuit du 15 au 16 août.
Bruno Demoulin, La France et les Pays-Bas autrichiens à l’aube du XVIIIe siècle,
p. 541-553.
Les instructions (1728) destinées au Sr. Chaillon de Jonville, premier représentant officiel français à
Bruxelles au XVIIIe siècle, éclairent d’un jour neuf la politique de Versailles à
l’égard des Pays-Bas autrichiens. La remarquable continuité de la diplomatie française du
XVIIIe siècle à nos jours face à son voisin septentrional mérite d’être
soulignée, abstraction faire évidemment de la période de 1795 à 1815.
Valérie Piette, Vivre la guerre 14-18. Vivre l’exil. Le journal de Marguerite de Villers Grand Champs,
p. 555-594.
Le journal de la baronne Marguerite de Crombrugghe de Looringhe, épouse de Villers Grand Champs, propose un
éclairage rare sur le premier conflit mondial. Ce journal rédigé de juillet à décembre 1914
nous plonge dans la vie quotidienne d’une famille aristocratique, bientôt bouleversée par la guerre et
son lot d’horreurs. La naissance et donc la vie côtoient la mort, les peurs et les angoisses. Devant
l’avancée des troupes allemandes, la famille de Crombrugghe part vers la mer, espérant fuir vers
l’Angleterre. Elle en sera empêchée et doit loger à la côte. S’ensuivent alors les ruses
pour loger, se nourrir, prendre des nouvelles des êtres chers, trouver de l’argent… Marguerite accompagnée
de ses jeunes enfants part rejoindre son époux Henry de Villers en Angleterre et nous fait partager par
là-même l’histoire des exilés belges.
Jo Tollebeek, Een schooljongen op straf. Brieven van Karel van de Woestijne aan Gustave van de Woestijne,
p. 595-634.
Cette édition comprend cinq lettres adressées en 1918-1919 par le poète Karel Van de Woestijne à
son frère, le peintre Gustave van de Woestijne, qui demeurait à cette époque en Angleterre. Elles sont
issues des Archives Gustave van de Woestijne conservées aux Archives universitaires de la K.U.Leuven. Dans ces lettres
apparaissent deux frères très soucieux de la façon de surmonter la guerre. Mais elles éclairent en
même temps leurs préoccupations artistiques: Karel songe à son isolement en Belgique et juge sa propre
production littéraire, l’œuvre que son frère a réalisée en exil en Angleterre ainsi que
les créations d’autres artistes soit de leur propre groupe de Latem, soit encore de la jeune génération.
Outre ces cinq lettres, l’édition comprend aussi une lettre datant de 1915 du frère cadet Maurice van de
Woestijne à son frère Gustave, dans laquelle il évoque entre autres la position politique de Karel van de
Woestijne en cette époque de guerre.
Jean-Marie Yante, Draps brabançons et conduit des foires de Champagne. À propos d’un acte de 1340, p. 635-654.
En 1340, les gardes et le chancelier des foires de Champagne et de Brie organisent l’indemnisation de marchands de Dijon et de
Milan délestés de draps brabançons par les sires d’Apremont à Marbotte, dans la région de la
haute Meuse. Le comte de Bar, détenteur du haut conduit, est solidairement responsable d’un remboursement é
chelonné sur sept années. L’acte apporte un éclairage bienvenu sur le conduit des foires, pilier des
rendez-vous champenois, sur la place des textiles brabançons au crépuscule de ces rencontres, ainsi que sur l’
activité du couple commercial Dijon-Milan, remarquable du fait de sa durée et de son caractère multiforme.
Outre la partie administrative (séances tenues en 2007 et 2008 et rapport sur les années 2006 et 2007), ce volume contient quatre contributions scientifiques.
Steven VANDERPUTTEN édite, à partir d’une copie du XVIIe siècle, une chronique en moyen néerlandais, qui relève du genre des gesta episcoporum : Het turbulente verleden van de Luikse prinsbischoppen door de ogen van een inwoner van het oude graafschap Loon: de Chronijk van Luyk, toegeschreven aan Petrus Treckpoel (1442-circa 1507-8), p. 5-88. Ce récit est l’œuvre d’un habitant du comté de Looz, sinon Petrus Treckpoels (1442-1506 ?) lui-même en tout cas un proche. L’auteur livre une appréciation très personnelle des faits qu’il sélectionne au cours des règnes successifs des princes-évêques de Liège jusqu’en 1506. D’intérêt régional, tous visent à illustrer les tensions constantes entre les Liégeois au tempérament frondeur et l’autorité légitime. Les commentaires se veulent moralisateurs, ils sont par ailleurs empreints d’une certaine naïveté.
José Eloy HORTAL MUÑOZ, La visión de un ministro « castellanista » sobre la situación de los Paises Bajos al final del siglo XVI : los « advertimientos » de Esteban de Ibarra, p. 89-166. Celui-ci, conseiller et premier secrétaire de la Secrétairerie d’État et de guerre, était étroitement concerné par les affaires des Pays-Bas. En 1596, il met son expérience au service de l’archiduc Albert en composant un dossier actuellement conservé aux Archives de Simancas. L’auteur en a extrait quatre pièces qu’il édite. Elle offrent le portrait des membres des conseils collatéraux et d’autres personnages importants associés à la gestion de l’État.
Henri HAAG, Le mémoire de Léon Arendt et les Conseils des ministres d’août 1914, p. 167-257, propose une interprétation de l’entrée en guerre de la Belgique qui s’écarte des vues traditionnelles. Il explique son point de vue dans une introduction fouillée. Il résulte de l’analyse d’un mémoire, qu’il édite, qui est généralement ignoré par les historiens belges : « En cas de guerre, que ferons-nous ? ». Ce texte est élaboré en novembre 1911 par Léon Arendt, directeur général de la Politique au ministère des Affaires étrangères. Bien avant 1914 en effet, régulièrement, la menace d’une grande guerre et d’une invasion est portée à la connaissance des autorités. Le mémoire reflète certes l’opinion de l’auteur, mais elle est partagée par les autres membres du département. Le « système », selon le qualificatif employé par Arendt lui-même, s’appuie sur un idéal de neutralité permanente. Le gouvernement accepte l’essentiel du plan en 1912. La pensée de Arendt eut dès lors une grande influence sur la politique du pays lors des Conseils des ministres du début août 1914 et tout particulièrement sur celui tenu le 4 de ce mois. Contrairement à ce que d’aucuns affirment, le rôle des ministres d’État fut loin d’être décisif lors du Conseil du 2 août. Ils ne furent consultés que pour la forme. Le promoteur de la politique neutraliste ne fut pas le Roi mais bien le Département, et ce dès avant le déclenchement du conflit.
L’augmentation de la tension internationale est palpable dans les années 1930. En Allemagne, la montée en force du national-socialisme est patente. D’autre part, depuis 1920, un accord militaire secret lie la Belgique et la France. Celle-ci le considère comme un véritable traité d’alliance, accordant à ses troupes en cas de nécessité le droit de passage à travers le territoire belge. D’autres dispositions de la convention donnent également naissance à des interprétations divergentes. Afin d’éviter au pays d’être entraîné malgré lui dans une action militaire, le baron Van Zuylen, directeur général de la Politique au ministère des Affaires étrangères, est convaincu de la nécessité pour la Belgique de disposer d’un nouveau statut international. Il devrait permettre à celle-ci de mener sa propre politique étrangère, caractérisée par le non alignement.
Dans l’étude présentée ici, accompagnée de l’édition de trente documents, Gustaaf JANSSENS (Paul-Henri Spaak en het begin van de Belgische onafhankelijkheidspolitiek (1936-1937), p. 259-391) s’attache tout particulièrement à trois notes que le jeune ministre socialiste des Affaires étrangères adresse au roi Léopold III. Ces rapports, conservés aux Archives du Palais royal et demeurés quasi ignorés jusqu’ici, mettent en évidence la vision du ministre à propos de la position internationale de la Belgique. Ils illustrent aussi la manière dont, avec ses conseillers diplomatiques, le Roi et le Premier ministre, il a donné forme à cette politique d’indépendance et en a défini les priorités.